lundi 1 octobre 2018

Je triche pour la page 39!



Bernie Wrightson a dit jadis qu'en art, il était permis de tricher... en ce sens que tant que l'oeuvre finale correspond à ce qu'on voulait, on avait bien le droit de mélanger les techniques même si elles feraient dire à certaines âmes chagrines ou trop puristes «beuh, comme ça, c'est facile...»

Wally Wood, lui, un autre divin bédéiste, donnait des conseils du genre «ne dessine jamais ce que tu peux copier, ne copie jamais ce que dtu peux tracer, ne trace jamais ce que tu peux découper et coller».

Cet appel à l'autorité, je l'avoue, me sert de pitoyable excuse pour justifier toute la tricherie qui s'est glissée dans la page 39 du bal de l'empereur!

Je voulais une séquence un peu cinématographique, où les personnages évoluent devant un décor fixe. J'ai déjà utilisé une telle approche dans le tome 2 du Bras d'Orion (Dagar et l'infini, page 23), et à l'époque, étant jeune, enthousiaste et dépourvu d'ordinateur personnel (vu qu'on était au début des années 80), j'avais carrément dessiné le même décor trois fois d'affilée. La vertu y gagnait ce que perdait l'efficacité.

Je l'avoue, je suis maintenant un vieux croûton qui ne va pas trop rechigner à l'idée de s'épargner du travail, même si moralement je me sens un peu coupable. J'ai donc commencé par dessiner le décor, sur deux feuilles 8 1/2 x 11 collées ensemble :



Décor qui devait servir trois fois dans la même page. Non content de ce forfait, j'en ai rajouté en réutilisant des images des tomes précédents pour une scène de flashback! N'y a-t-il point de limites à cette turpitude?

Le résultat est que la page 39 «originale» est bien vide, n'ayant que les personnages et presque pas de décor. Par contre, la page finale ressemble pas mal à ce que je visais!!!





Ce coup de pied, j'y pense depuis 1984!!! Et PAN! Un mawashi geri à la Sergei Osipov! L'angle semble difficile et un mae geri au visage aurait été plus facile, mais Mierkhan ne veut pas arracher la tête de Rah, ici; juste le mettre hors de combat. J'ai déjà reçu un mawashi comme celui-là il y a une dizaine d'années, en étant si collé sur mon adversaire que je ne croyais jamais qu'il puisse monter la jambe. Quatre dents cassées plus tard, j'apprenais combien j'avais tort!

Un point qu'on aura déjà saisi en lisant le Bras d'Orion est que malgré sa bonne volonté, le héros de la série ne sait pas vraiment se battre. C'est un amateur courageux, mais devant un soldat de carrière comme Mierkhan il était impensable que le combat dure plus qu'une ou deux secondes!

Et maintenant, en route pour la page 40!